Voilà une rubrique où je vais mettre quelques interviews:
Extrait d'une interwiew dans Super: Juillet 2004
"Tu t'es fait ton premier tatouage avec Ben Moody d'Evanescence. Que représente t-il?
Il est là, à l'intérieur de mon poignet. C'est une étoile. C'est mon symbole. Elle se trouve sur mon premier C.D. et tout mon merchandising. Ben et moi, on s'est fait tatouer le même dessin en même temps!
On dit qu'une fois qu'on a un tatouage, on ne peut plus s'arrêter et qu'on en veut d'autres. Est-ce ton cas?
Ouais! Mais je ferais attention à ce que je fait. j'ai fait celui là dans un endroit assez discret, et si j'en fait un deuxième, ce sera sans doute à l'intérieur de la cheville. Mais je ne sais pas encore quel motif je choisirais."
AJT secouer avant d’écouter, hors série #11 : Juin-juillet 2004
Avant de rencontrer le succès, comment envisageais-tu ta carrière ?
J’ai toujours pensé que ça allait être complètement dingue, j’étais persuadée que ça allait vraiment se passer. Je voulais être capable d’écrire des chansons, de les partager avec le monde entier, de rencontrer des fans, de monter sur scène, enfin tout ce que je fais chaque jour aujourd’hui. Maintenant, il y a une partie beaucoup moins cool dans le métier, c’est l’aspect business. Tout le monde a l’impression que le vie de vedette est super glamour et tout ça, alors qu’en fait c’est super usant à force. Les interview les séances photos, les voyages en avion, tout ça c’est du taf. Au départ, tu en profites en te disant que c’est génial, mais à la longue, c’est difficile de rester fraîche et disponible alors que tu sais que le soir des milliers de fans attendent que tu te donnes à 110%.
Est-ce qu’avec le succès, ta relation aux autres a changé ?
En vérité, je ne peux pas dire que je rencontre énormément de personnes extérieures à mon entourage. A chaque déplacement, c’est toute une équipe qui débarque, et je suis très entourée. Trop peut-être parfois. J’ai l’impression de ne croiser que des têtes que je connais, c’est frustrant. Les rencontres sont rares et même lorsqu’elles existent, elles se déroulent très souvent dans un cadre professionnel, comme actuellement pour l’interview. Ce n’est pas un rapport d’égal à égal. Nous tenons tous les deux notre rôle. Toi tu poses des questions et moi j’essaye d’y répondre en tant qu’artiste. Cette difficulté à rencontrer de nouvelles personnes fait aussi que dans ma vie privée, je tends d’avantage à sortir avec des mecs du milieu qui connaissent ce style de vie. Je ne veux pas imposer mon quotidien à quiconque. Ce serait vraiment sadique de ma part.
Et tes fans alors ? Tu ne les rencontres jamais ?
Bien sûr que si, mais c’est difficile d’avoir un contact normal avec une personne qui ne voit en toi que l’artiste vue à la télé. Souvent, la notoriété augmente ton taux de sympathie ; tu deviens très vite très drôle te super canon. La célébrité est un vrai miroir déformant. Il m’est arrivé de me balader dans les rues et de croiser des fans qui sont devenus complètement hystériques en me voyant. Ils se mettaient à hurler et essayaient de me toucher comme si j’étais une apparition divine. Je te jure que c’est flippant. L’amitié avec des fans, j’aimerais bien, mais ce n’est pas si facile qu’on l’imagine. De mon côté, ça ne me pose pas de problème, mais quand je vois comment des personnes que je connais depuis longtemps se comportent à mon égard, je doute de tout. Même des amis que tu croyais proches se mettent tous un jour où l’autre à te traiter différemment parce que tu es célèbre. Pour moi ce sont des imbéciles. Je sais très bien dans mon entourage qui joue la comédie et qui est sincère. Ca se voit dans leur regard.
Quel est ton genre de mec ?
Je suis à fond dans le trip rock star. Genre musique un peu bourrin, tatoué, percé et tout et tout. Je ne dis pas que je fond devant un routier, hein ! Ca n’a rien a voir. Simplement je me sens plus à ma place avec ce genre de personnes qui n’attendent pas d’une fille d’être super féminine. Je suis comme je suis et je n’ai pas envie de me transformer en diva ultra sensuelle pour mon mec.
On ne te voit pas trop traîner avec des filles ; tu ne les aimes pas ou bien ce sont elles qui te snobent ?
J’ai toujours traîné avec des mecs. Je ne me suis jamais vraiment sentie proche du trip filles. Je les trouve souvent super chiante alors que les mecs sont plus funs ; ils osent plus de trucs. A l’école, les nanas ne m’appréciaient pas vraiment et c’était réciproque. Je me suis toujours sentie à l’aise entourée de potes. J’ai un grand frère avec lequel il m’est arrivé plusieurs fois d’aller chasser. En fait, je crois que ça vient de mon entourage familial. Attention, je ne dis pas que toutes les filles sont lourdes, j’ai trois super amies qui représentent beaucoup pour moi.
Tu as la réputation d’être une tête de mule, tu nous le confirmes ?
J’avoue que lorsque des personnes tentent de me dire ce que je dois faire, je fais un blocage. Je refuse de les entendre même s’ils ont de bons conseils à me donner ; je n’y arrive pas. Je suis trop indépendante pour ça. Ils veulent tous la même chose : que je me sape comme une Barbie. Je suis une combattante, je me lève pour me défendre ce en quoi je crois et ce que je veux ! Quand je suis furax et qu’il faut que ça sorte, je prends ma guitare. Parfois j’ai l’impression que ma gratte est une sorte de thérapie. Si quelque chose m’énerve, ça ressort automatiquement dans ma musique. C’est instinctif, personne ne pourra me l’enlever. Maintenant, c’est vrai que j’essaye de moins m’énerver pour rien. Je comprends que les gens en aient marre de me voir gueuler, mais qu’ils sachent que moi aussi j’en ai marre de me voir dans cet état. Avec les années, je sens quand même que je me calme. Maintenant je ne suis pas une salope mais je peux très bien le devenir si on me cherche trop !
Que fais-tu de ton temps libre ?
Ca faisait longtemps que je n’avais pas entendu ce mot là ! (rires) Je me surprends même à me rappeler la signification tellement ces moments sont rares dans ma vie depuis quelques années. Les rares moments de répit, je les passe à dormir ou à manger. J’écoute rarement ma musique, un peu celle des autres, mais j’en ai tellement plein les oreilles sur scène qu’une fois dehors, mes tympans ont besoin de souffler un peu..
Que fais-tu à quoi penses-tu avant de monter sur scène ?
J’attache mon émetteur à ma ceinture pour le micro et fous mes écouteurs pour bien entendre la musique. Le reste c’est de l’énergie pure. Lorsque je suis sur scène, je ne suis plus moi-même. Je ne ressens aucun stress ni avant ni pendant. Je sais que pas mal d’artistes flippent avant leur show, mais je ressens que de l’impatience et du bonheur. C’est peut-être tout simplement l’inconscience… En tout cas, ça me permet de profiter de tous les instants que je passe avec le public. Il n’y a que sur scène que je me sens réellement vivante. D’ailleurs, je ne ferais pas tout ça s’il n’y avait pas des concerts au bout !
Ton premier album a cartonné. T’y attendais-tu et qu’espères-tu de nouveau ?
Je ne sais pas si je m’attendais ou non à un tel succès. Je ne me suis jamais vraiment posé la question. Les choses se sont faîtes naturellement. Je n’ai pas cherché à savoir si ça allait marcher ou pas. Pour moi, dès lors que tu te poses ce genre de questions c’est que tu n’es pas sûr de ton coup. Avec « Let go », je savais que j’avais donné mon maximum et que le résultat était nettement à la hauteur de mes attentes. A partir de là, j’étais complètement rassurée. Maintenant, pour mon nouvel album, je préfère ne pas faire de pronostiques, mais c’est un album qui me ressemble encore plus que le premier. J’en suis très fière et j’ai vraiment hâte de pouvoir le vivre en live. Après, les ventes d’albums ou de singles, ça reste du business et ce n’est pas ma première préoccupation.
Tu parles souvent du business de façon très négative. Comment l’expliques-tu ?
Je n’aime pas le business de la musique. Je ne trouve même pas les mots pour le décrire. Le personnage typique du monde du disque n’est vraiment intéressé que par l’argent. Il veut vendre des disques, faire des tubes, avoir des singles. Moi je ne me soucie pas de cette part du business. Je me concentre que sur la scène, c’est ma seule préoccupation. Je sais qu’avec mon nouvel album je risque de me planter, mais je m’en fous. Je suis fière de ce que j’ai déjà fait et puis chanter pour le plaisir suffirait à me rendre heureuse. D’ailleurs, c’est ce que j’ai fait pendant la majeure partie de ma vie pour le moment. Revenir en arrière me ferait sans doute bizarre, mais l’important reste la passion, rien d’autre.
Est-ce que tu composes souvent ou est-ce par période ?
Ca peut me prendre n’importe quand, n’importe où. Je ne décide pas de composer à un moment précis, genre aujourd’hui de 14h à 15h, je m’installe à une table et essaye d’écrire mon prochain single. Je ne fonctionne pas comme ça, je marche au feeling. Dès qu’une idée me passe par la tête, je m’arrête quelques instants pour la noter, quitte à ne le reprendre que plusieurs jours plus tard. Si je commence à me forcer pour écrire, ça perd forcément de spontanéité et ça se ressent au niveau de la qualité du morceau. En plus, lorsque tu réfléchis trop, toute l’énergie et l’urgence de la chanson t’échappe. Sur le coup, tu ne peux pas t’en apercevoir, mais sur scène, c’est flagrant. Si le morceau ne te fait pas vibrer, attends-toi à vivre l’enfer sur scène. Je fais ce métier par passion. J’ai envie de monter devant mon public pour kiffer et pas me forcer à interpréter des morceaux qui ne se ressemblent pas.
Peux-tu nous dire quelque chose sur toi que les gens ne savent pas déjà ?
Elle est débile ta question ! déjà, je ne lis pas la presse, donc je ne sais pas ce que le public sait de moi ou pas. Ensuite, s’il reste des points de ma vie que les gens ignorent, c’est peut-être aussi que je n’ai pas envie de les dévoiler. Donc tu ne sauras rien de plus que ce que tu ne sais déjà.
Justement, que penses-tu du besoin du public de tout savoir de la vie des stars ?
Cela ne me touche absolument pas. Lorsqu’on veut me poser des questions, il suffit de me le demander. Après, je m’assieds en face du journaliste et commence à lui dire ce qu’il veut savoir. Malheureusement, je sais que dans 80% des cas, mes propos vont être déformés. Au début ça énerve, mais ensuite tu ne fais même plus attention, il parait que ça fait parti du jeu, je veux bien mais dans ce cas, ils n’ont qu’à faire les questions et les réponses, ça m’éviterait de me déplacer pour rien. C’est comme le gros sticker que les médias m’ont collé : la skateuse punk ! Je ne suis pas punk, je fais du pop rock, c’est bizarre que l’on me voit comme une punk alors que franchement, je ne vois pas le rapport, ou alors peut-être dans l’attitude, si ne pas dire oui à tout c’est être punk, alors pourquoi pas.
Tu en as terminé avec ta période skate alors ?
Moi dans le skate, ce qui me plaît avant tout, ce sont les skaters ! Des beaux mecs casse-cou et complètement barjot. J’adore le skate, c’est fun mais... ça reste un passe-temps. Je ne veux pas que quelqu’un me filme sur un skate car je ne suis pas vraiment une pro. A la base, le skate est une philosophie, un état d’esprit à la cool auquel j’adhère totalement !Après, les médias m’ont assimilé à ce sport. Pourquoi pas, mais je ne suis même pas sûre que les skaters écoutent ma musique ; généralement, c’est un peu plus bourrin que ce que je peux leur offrir.
Mais alors tu vas également changer totalement de look ?
Tu rêves ! Jamais de la vie, enfin pas pour le moment en tout cas. Je ne dis pas qu’a 50 piges je porterai encore des baskets défoncées. Pour le moment, je me fous de savoir si mes fringues sont déchirées ou s’il y a des taches sur mon t-shirt. Quand tu es sur la route, tu es obligée de dégueulasser tes sapes. Les bracelets cloutés, les chaussettes de punk, les pantalons déchirés au niveau des fesses, c’est ma marque de fabrique. Et si mes pantalons n’arrête pas de tomber pour X raison, je m’en cogne sévère. Je sais que certains se marrent lorsqu’ils s’aperçoivent que je perds mon ben. Si ça les fait marrer, tant mieux pour eux ! Perso, j’en ai rien à battre !
Je sais pertinemment que pas mal de types aimeraient me voir me trémousser dans des trucs super moulants, mais ils peuvent toujours se gratter ; ce n’est pas demain que je vais me mettre au look pétasse.
Comment te décrirais-tu ?
Je suis une personne à peu près normale. Je déteste être perçue comme quelqu’un de différent ou, pire encore, comme un produit. Je ne vis pas dans une panoplie de star. Je vis 24h sur 24 dans la peau d’Avril Lavigne, je suis 100% naturelle !
MCM Mag: Mai 2004
Te considère tu comme une chanteuse de pop, rock ou punk ?
Je ne joue certainement pas dans la catégorie du punk. Ce sont les journalistes qui disent ça de moi, je n’ai pas grand-chose à voir avec le mouvement.
Tu n’es donc pas la fille cachée de Sid Vicious comme on a pu l’entendre ?
Non, effectivement, tout ça a été monté par la presse, les médias. Peut-être parce que je suis apparue comme une jeune femme qui agissait différemment des autres blondes de mon âge, avec une manière de penser plus « je m’enfoutiste ». c’est facile pour eux de me qualifier de cette façon, mais ma musique et mes paroles n’ont rien à voir avec le punk, je ne comprends vraiment pas cette idée. Je suis donc plutôt une artiste pop rock.
La majorité de tes chansons parlent d’amour…
Oui, je pense que c’est très important, ça prend beaucoup de place dans la vie d’une adolescente. Est-ce que ce n’est pas tout ce qu’on réclame l’amour ? Moi, je ne rêve que de ça, de me poser, avec mon mari, d’avoir des enfants, mais pas tout de suite bien sûr !
Pourtant dans la chanson « Fall to pieces », tu dis de celui dont tu parles qu’il est celui avec qui tu veux passer ta vie. N’es-tu pas un peu jeune pour dire ça ?
Ouh là c’est du passé ! Ce mec n’est plus d’actualité. Mais bon, j’ai déjà été amoureuse auparavant et prête à m’investir à long terme dans une relation…
Qui a participé à l’écriture de ce nouvel album ?
Chantal Kreviazuk, la femme de Raine Malda (fondateur du groupe Our Lady Peace) avec qui j’avais déjà travaillé, a tourné avec moi. J’ai vécu chez elle pendant sept mois à Malibu, on est très bonnes amies maintenant. Ensemble, on a écrit une chanson chaque soir pendant deux semaines. Les autres ont été écrites avec Evan Taubenfeld, mon guitariste, sur la route. Et Ben Moody, (ancien membre d’Evanescence) a écrit Nobody’s Home. Nous sommes amis de longue date.
Il y a un an, tu participais à un projet venant en aide aux enfants irakiens, en chantant sur un album. Où en es-tu avec ce projet aujourd’hui ?
Oui, le projet s’appelle War Child. On a beaucoup discuté avec les organisateurs, j’essaie de m’impliquer d’avantage. J’ai donné pas mal d’interviews à ce sujet, mais en ce moment, je m’efforce de m’informer au maximum pour pouvoir mieux faire passer le message. Je lis surtout des livres, l’information y est meilleure que celle donnée par les médias, selon moi. J’aimerais aller là-bas pour voir ce qu’il s’y passe vraiment et là, je pense que je pourrais certainement écrire sur ce problème.
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